Guide du surfeur

Bases techniques, sécurité, courants, marées, échauffement et choix de la planche : tout ce qu'il faut savoir avant d'entrer dans l'eau.

Les bases techniques

L'ordre d'apprentissage qui fonctionne, de la plage à la première vague verte.

  • Position allongée : centré sur la planche, nombril au milieu, pieds joints, regard vers l'avant. Trop en avant, le nez plonge ; trop en arrière, la planche freine.
  • La rame : bras longs, main qui entre loin devant, pas d'éclaboussures. C'est 80 % du surf.
  • Le passage de la barre : petites vagues, on passe par-dessus ; mousse puissante, on fait un canard (shortboard) ou une tortue (planche en mousse).
  • Le take-off : deux appuis de mains sous les épaules, un pied qui vient se placer entre les mains, on se lève d'un seul mouvement — jamais à genoux.
  • La position debout : pieds écartés de la largeur des épaules sur les vis, genoux fléchis, buste droit, regard là où on veut aller.
  • Le décalage (bottom turn) : une fois lancé, on appuie sur les talons ou la pointe des pieds pour partir le long de la vague, jamais tout droit vers la plage.
  • Le regard guide tout : on va là où on regarde, jamais là où on regarde ses pieds.

Les bases de la sécurité

Les règles qui évitent 90 % des accidents.

  • Priorité : le surfeur le plus proche du pic (la partie qui déferle) a la vague. On ne part jamais devant lui.
  • Ne jamais lâcher sa planche : on la garde en main ou on la retourne, on ne la balance pas derrière soi — il y a toujours quelqu'un.
  • Leash vérifié avant chaque session : cordon, velcro, attache à la planche.
  • Remonter toujours par le côté (le canal ou le courant), jamais au milieu de la zone de surf.
  • On surfe accompagné, à portée de voix, et on prévient quelqu'un de l'heure de sortie.
  • En cas de chute : on protège la tête avec les bras, on remonte les mains au-dessus de soi.
  • Chaussons ou vigilance sur les spots à rochers et à oursins ; on rentre et on sort par le même chemin repéré depuis la plage.
  • On reste à son niveau : un spot creux ou un reef n'est pas un terrain d'apprentissage.

Les courants et les baïnes

Le courant n'est pas un danger si on sait le lire — c'est même un ascenseur.

  • Repérer depuis la plage 5 minutes avant d'entrer : une zone sans vague qui déferle, plus sombre, avec de l'écume qui part vers le large = un courant de retour (baïne).
  • Si on est emporté : on ne rame jamais contre le courant. On reste sur la planche, on lève un bras pour signaler, et on sort du courant en ramant parallèlement à la plage.
  • Le courant peut servir : il permet de rejoindre le pic sans se fatiguer, c'est ce que font les surfeurs expérimentés.
  • Un courant latéral décale vite : on choisit un repère fixe sur la plage (bâtiment, parasol) et on vérifie sa position toutes les quelques minutes.
  • Plus la houle est grosse, plus les courants sont forts. Une mer agitée sans vague propre = journée sans eau pour un débutant.

Les marées

Le même spot change complètement selon la marée.

  • Marée montante : l'eau rentre, les vagues gagnent en puissance, souvent le meilleur moment sur les plages de sable.
  • Marée descendante : l'eau se retire, les vagues creusent plus et cassent plus vite — plus technique, plus de courants.
  • Marée basse : moins d'eau sur le fond, attention aux rochers et aux bancs de sable ; certains reefs deviennent dangereux.
  • Marée haute : les vagues peuvent devenir molles et ne plus déferler sur les spots plats.
  • Repère utile pour débuter : les deux heures autour de la mi-marée montante, avec un vent faible de terre (offshore).
  • Les coefficients forts (grandes marées) amplifient tout : plus de courant, changement d'eau plus rapide.

L'échauffement et la récupération

10 minutes avant l'eau : moins de blessures, plus d'endurance.

  • 2 min de cardio léger : trottiner sur le sable, montées de genoux, talons-fesses.
  • Épaules et dos : cercles de bras avant/arrière, rotations de buste, étirement des pectoraux — ce sont les zones qui rament.
  • Nuque et lombaires : mouvements lents, jamais de à-coups ; position cobra au sol pour préparer la position allongée.
  • Hanches et chevilles : fentes avant, rotations de cheville, squats lents pour préparer le take-off.
  • 2 simulations de take-off à sec sur la planche posée sur le sable.
  • Après la session : boire, s'étirer épaules et ischio-jambiers, et se couvrir vite pour ne pas refroidir.
  • Crème solaire minérale résistante à l'eau, remise avant chaque session.

Les planches

Quelle planche, quelle taille, et dans quelles conditions l'utiliser.

PlancheTaille / volumeNiveauConditions
Planche en mousse (softtop)7'0 à 8'6 · 60 à 90 L
Débutant
Mousse et petites vagues de 0,3 à 1,2 m, plage de sable. Sécurité maximale.
Mini-malibu / funboard7'0 à 8'0 · 45 à 60 L
Débutant confirmé
Vagues molles de 0,5 à 1,5 m, rame facile, premières vagues vertes.
Longboard9'0 et plus · 60 à 75 L
Tous niveaux
Vagues lentes et peu puissantes, point breaks, jours sans énergie.
Egg / mid-length6'6 à 7'6 · 38 à 48 L
Intermédiaire
Vagues de 0,8 à 2 m, polyvalent, bon compromis rame/manœuvres.
Fish / groveler5'4 à 6'0 · 30 à 40 L
Intermédiaire à avancé
Petites vagues molles de 0,5 à 1,5 m, beach breaks sans puissance.
Shortboard (performance)5'8 à 6'4 · 24 à 32 L
Avancé
Vagues creuses et puissantes de 1 à 2,5 m, bonnes conditions offshore.
Step-up / gun6'6 à 8'0 · 30 à 40 L
Expert
Grosses vagues de 2,5 m et plus, houle longue et puissante.
  • Volume (en litres) = le vrai critère. Débutant : environ 100 % de son poids en litres (70 kg → 70 L et plus). Intermédiaire : 45 à 55 %. Avancé : 32 à 38 %.
  • Plus la planche est volumineuse et large, plus elle rame et pardonne ; plus elle est fine, plus elle tourne mais demande de la vitesse.
  • Débutant : toujours une planche plus grande que soi, en mousse, avec des dérives souples.
  • Ajouter du volume quand les vagues sont petites ou molles, en retirer quand elles sont creuses et puissantes.
  • Combinaison : 3/2 mm pour 17–21 °C (Maroc l'hiver), shorty ou lycra au-delà de 22 °C, 4/3 mm en dessous de 16 °C.